.GÉNÉRALITÉ - L'APICULTURE
Pour la plupart des gens, "APICULTURE" ne veut rien dire. C'est tout au plus un art ou une science, un amusement parfaitement inutile.
L'abeille, la plupart du temps confondue avec la guêpe, est mieux connue surtout comme ennemie : elle pique.
Pourtant, apiculture - abeille - miel forment un tout qui est un pion important sur l'échiquier économique de notre pays.
Tout le monde connaît les fruits de nos arbres, nos pommes parfumées, nos poires juteuses qui seraient bien rares et moins belles sans le peuple des insectes et principalement des abeilles.
Pour qu'un fruit se forme, il faut l'union étroite entre les cellules de mâles et femelles ; ceci est une règle presque générale dans le monde des vivants. Pas de fruit sans ce merveilleux phénomène, pas de fruits sans le passage du pollen sur les pistils, pas ou peu de fruits sans l'infatigable postière qu'est l'abeille. Tous les auteurs sont unanimes à reconnaître à l'abeille domestique un rôle très largement prépondérant dans la pollinisation des arbres fruitiers.
Participation des insectes pollinisateurs dans la fécondation des arbres fruitiers :
Abeille domestique = 70 à 80 %
Bourdon et abeille solitaire = 10 à 15 %
Autres insectes = 5 à 10 %
La supériorité de l'abeille tient au fait que dans nos conditions où elle se trouve, elle est le seul insecte apparaissant en grand nombre au moment de la floraison des arbres fruitiers et ses capacités pollinisatrices ressortiront encore plus clairement du petit calcul suivant : en avril - mai, chaque colonie compte environ 40 000 ouvrières dont on peut estimer au minimum le quart, c'est - à - dire 10 000 individus, la proportion occupée à la collecte du nectar.
On admet qu'une abeille visite en moyenne 10 fleurs à la minute, ce qui n'est pas exagéré et effectue, par jour, 40 sorties de 10 minutes. Chaque butineuse visitera ainsi du matin au soir 4 000 fleurs, ce qui correspond pour l'ensemble de la colonie à 40 000 000 (millions) de fleurs par jour.
On estime qu'en Belgique, les apiculteurs mettent à la disposition de leurs concitoyens une moyenne de 650T de miel par an, ceci bien entendu en plus du travail colossal de pollinisation des fleurs par les abeilles qui vaut beaucoup plus.
Cette quantité de miel peut paraître importante. Pourtant, on importe plus du double de miel étranger, soit environ 1 500 tonnes.
En résumé, nous pouvons dire que l'apiculture représente chez nous une activité économique non négligeable et encore insuffisante. La Belgique compte environ 87 000 ruches alors que nous pourrions en installer 152 000 puisqu'on estime qu'il faut 2 ruches à l'hectare.